Alicante, loyers sous pression

Les stratégies d’achat d’un bien à Alicante

Alicante, loyers sous pression

 

L’Espagne cherche enfin la sortie de crise du logement

À force d’être annoncé, le « plan logement » espagnol ressemble parfois à un train que tout le monde voit passer… sans être certain qu’il s’arrête à quai. Pourtant, depuis le début de janvier 2026, le gouvernement remet un coup d’accélérateur, avec une promesse simple à résumer et très compliquée à réussir : calmer la hausse des loyers sans faire disparaître encore plus d’offres du marché.

 

Le constat, lui, ne surprend plus personne. Les prix de l’immobilier continuent de grimper, et vite. À l’automne 2025, l’indice national des prix du logement a encore progressé au rythme le plus élevé depuis la période d’avant crise financière, porté surtout par l’ancien. Pendant ce temps, le marché locatif s’enflamme dans les grandes villes et les zones touristiques, celles où l’on vit, où l’on travaille… et où l’on vient passer ses vacances. La Banque d’Espagne souligne cette géographie très nette des tensions, particulièrement visible dans les capitales et les territoires à forte attractivité.

 

Trois mesures, une idée fixe : stopper l’escalade des loyers

 

Le cœur de la nouvelle séquence politique tient en trois leviers annoncés autour d’un futur décret loi : un avantage fiscal massif, un tour de vis sur les locations temporaires, et un encadrement du marché de la chambre.

 

Première mesure, celle qui fait le plus parler : une bonification de cent pour cent de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour les propriétaires qui renouvellent un bail sans augmenter le loyer. L’objectif est d’éviter que chaque renouvellement devienne un prétexte à une hausse automatique, et d’inciter les bailleurs à rester sur la location longue durée.

 

Deuxième mesure : la lutte contre les abus des locations de saison ou temporaires, souvent utilisées pour contourner les règles protectrices de la location classique. Le gouvernement veut durcir les conditions et limiter la fraude sur ces contrats courts, en particulier lorsqu’ils servent, dans les faits, à loger des résidents permanents avec moins de droits et plus d’instabilité.

 

Troisième mesure : l’encadrement du « loyer par chambre ». L’idée est de fermer la porte à une combine désormais bien connue : découper un appartement en chambres louées séparément, et obtenir au total une somme supérieure à ce que vaudrait le logement entier. Les annonces visent à empêcher que l’addition des chambres dépasse le loyer du logement complet.

 

Une régulation déjà là, mais encore trop légère

 

En toile de fond, il y a la loi logement adoptée en 2023, qui permet notamment de plafonner les loyers dans certaines zones dites tendues. Sur le papier, c’est un tournant. Dans la réalité, l’efficacité dépend beaucoup des régions qui activent ou non ces outils, et du poids des propriétaires particuliers dans le parc locatif, très majoritaires.

 

Autre élément concret, et souvent méconnu : l’indexation annuelle des loyers n’est plus censée suivre mécaniquement l’inflation pour les nouveaux contrats concernés. L’Espagne s’appuie désormais sur un indice de référence spécifique pour l’actualisation, publié par l’institut national de statistique. En décembre 2025, cet indice se situe à 2,32 pour cent.

 

Le vrai nœud du problème : pas assez de logements, surtout là où il en faut

 

On peut encadrer, inciter, contrôler. Mais sans offre, l’équation reste brutale. La Banque d’Espagne estime qu’il s’est accumulé un déficit de plusieurs centaines de milliers de logements sur la période récente, ce qui entretient mécaniquement la tension sur les prix. Et tant que la production de logements abordables ne change pas d’échelle, les mesures sur les loyers ressemblent à un frein à main tiré dans une descente très raide : utile, mais pas suffisant.

 

Le gouvernement rappelle aussi ce qui a déjà bougé depuis les annonces de janvier 2025 : fin des golden visas immobilières, création d’une structure publique de gestion, registre des locations de courte durée, et un grand plan de construction industrialisée. Mais plusieurs réformes annoncées restent, elles, en suspens, notamment sur la fiscalité de certains acteurs et sur l’achat par des non résidents hors Union européenne.

 

Pourquoi cela concerne directement Alicante et la Costa Blanca

 

Dans la province d’Alicante, la dynamique nationale se combine à un facteur local évident : l’attractivité. Mer, climat, infrastructures, tourisme, résidences secondaires… tout ce qui fait le bonheur des visiteurs peut compliquer la vie de ceux qui cherchent un bail à l’année. La Banque d’Espagne observe que les zones touristiques font partie des territoires où les loyers ont le plus augmenté ces dernières années. Il est donc logique d’y voir un terrain où la moindre tension se répercute vite, du centre ville aux communes littorales.

 

Côté locations touristiques, la Communauté valencienne a renforcé son cadre : inscription, obligations administratives, procédures et adaptation aux nouvelles règles, avec une volonté affichée de mieux contrôler l’activité. Pour Alicante, où l’offre touristique est un pilier économique, l’enjeu est d’équilibrer deux besoins légitimes : accueillir et loger.

 

La suite, maintenant, se jouera au Parlement : un décret loi doit être validé, et l’arbitrage politique sera aussi déterminant que l’annonce. Car en Espagne, sur le logement, tout le monde veut une solution… mais personne ne veut la facture, ni les dégâts collatéraux.

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