Grève sur le TRAM d’Alicante
Depuis le 16 avril 2026, les usagers du TRAM d’Alicante vivent au rythme d’un mouvement social inédit. Les maquinistes, emmenés par leur syndicat le SEMAF, le Sindicato Español de Maquinistas y Ayudantes Ferroviarios, ont déclenché une série de grèves qui secouent le réseau de tramways de la province. Et ce n’est pas fini : quatre nouvelles journées de débrayage sont encore programmées pour la fin du mois.
Un suivi à cent pour cent, des services minimum jugés trop généreux
Le premier jour de grève, le jeudi 16 avril, a donné le ton. Le SEMAF a annoncé un suivi total de la grève par l’ensemble de la plantilla, soit cent pour cent des conducteurs mobilisés. Malgré cela, seuls soixante-quinze pour cent des trains prévus ont circulé, ce chiffre correspondant exactement aux services minimum imposés par l’opérateur Ferrocarrils de la Generalitat Valenciana, FGV. Un paradoxe qui illustre à lui seul la tension du moment.
Du côté syndical, on ne décolère pas. Le SEMAF estime que ces services minimum sont bien trop élevés et les qualifie d’injustice, considérant qu’ils s’apparentent davantage à un service normal qu’à un minimum légal. FGV, de son côté, n’a pour l’heure communiqué aucun bilan officiel sur le suivi réel de la grève.
Cinq journées de grève échelonnées tout au long du mois
Si vous êtes usager du TRAM, mieux vaut cocher ces dates dans votre agenda. Les arrêts de travail sont programmés pour les 16, 21, 23, 28 et 30 avril, en trois plages horaires distinctes : de 7 h à 10 h le matin, de 13 h à 16 h en début d’après-midi et de 19 h à 21 h en soirée. Ces horaires correspondent aux heures de pointe, ce qui n’est évidemment pas un hasard.
La ligne 9 du TRAM, qui relie Benidorm à Dénia en desservant des communes comme Gata de Gorgos, Teulada, Benissa et Calp, est particulièrement touchée par ces suppressions de trajets. Pour les voyageurs de la Marina Alta qui dépendent quotidiennement de ce service, les perturbations sont loin d’être anodines.
Trente revendications, zéro avancée : le dialogue dans l’impasse
Derrière le conflit, il y a une accumulation de frustrations. Le SEMAF a déposé auprès de FGV pas moins de trente revendications, réparties entre dix points relatifs à la sécurité opérationnelle et vingt relevant de la négociation de la XIVe Convention collective.
Les conducteurs réclament en premier lieu un renforcement concret des garanties de sécurité. Ils reprochent à FGV son immobilisme total, y compris lors d’une nouvelle session de médiation devant le Tribunal d’Arbitraje Laboral de la Comunitat Valenciana, qui s’est achevée sans le moindre accord. Le syndicat avait pourtant présenté une proposition validée par l’Agencia Estatal de Seguridad Ferroviaria et le ministère des Transports, visant à aligner les systèmes de sécurité de FGV sur les standards nationaux. FGV l’a rejetée de plein fouet.
Sur le plan des conditions de travail, les revendications sont tout aussi concrètes. Les maquinistes exigent une justice salariale et organisationnelle, des mesures de fidélisation dans les postes à responsabilités critiques, une révision des accords sur les services nocturnes, des ajustements dans les temps de conduite et de pause, ainsi qu’une formation d’entrée plus équitable. Ils demandent également davantage de transparence dans la gestion des listes d’emploi temporaire.
Un bras de fer qui dure depuis mars
Cette nouvelle vague de grèves n’est pas tombée du ciel. Le mouvement s’inscrit dans la continuité des arrêts de travail entamés en mars, qui avaient déjà coïncidé avec la semaine des Fallas à Valence. Autant dire que les tensions ne datent pas d’hier et que la patience des maquinistes semble avoir atteint ses limites.
José Javier Bleda, secrétaire du secteur Ferrocarrils Autonòmics au sein du SEMAF, a été particulièrement explicite après la dernière réunion de médiation, dénonçant une vision de gestion vieille de quarante ans dans laquelle le conducteur serait toujours considéré comme le seul responsable des défaillances du système, sans jamais être doté des moyens ou de la reconnaissance nécessaires.
Une situation explosive si rien ne bouge
Le syndicat ne cache pas son inquiétude pour l’avenir. Il avertit que si aucune réponse institutionnelle ne vient, le conflit social pourrait très bien s’étendre à l’ensemble de l’été, ce qui représenterait un vrai casse-tête pour les habitants et les touristes qui fréquentent massivement les lignes côtières durant la haute saison.
Pour les usagers alicantins, le message est clair : ce printemps, le TRAM roule au ralenti. Et si FGV et les maquinistes ne trouvent pas un terrain d’entente rapidement, l’automne risque d’être tout aussi agité. Le bras de fer est loin d’être terminé.
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