L’Espagne et l’Italie rassurent en Europe.
Sur les marchés, il suffit parfois d’un chiffre pour faire basculer un récit. Fin 2025, le chiffre qui circule dans les salles de marché européennes, c’est l’écart de taux avec l’Allemagne, la fameuse prime de risque. Et surprise, elle fond comme neige au soleil pour l’Italie et l’Espagne, au plus bas depuis seize ans. Les deux pays, longtemps rangés dans la case « périphérie » de la zone euro, empruntent presque comme des élèves modèles, tandis que la France concentre désormais une bonne partie des inquiétudes.
Petit rappel utile, sans jargon inutile. Les États se financent en émettant des obligations. Le taux payé dépend de la confiance des investisseurs. L’Allemagne sert de référence, parce que sa dette est considérée comme la plus sûre de la zone euro. On compare ensuite les autres pays à ce standard. Quand l’écart se réduit, cela signifie que le marché demande moins de « supplément de prudence » pour prêter. Aujourd’hui, l’écart à dix ans tourne autour de 0,7 point de pourcentage pour l’Italie et passe sous 0,5 pour l’Espagne, des niveaux qui ramènent à l’avant crise de la zone euro.
Pourquoi le Sud inspire davantage confiance
Le cas espagnol est le plus spectaculaire, parce qu’il repose sur une dynamique économique très visible. La Banque d’Espagne a relevé sa prévision de croissance 2025 à 2,9 pour cent, confirmant que le pays fait partie des moteurs de la zone euro. Cette performance est portée par une combinaison qui parle aussi très concrètement à la Costa Blanca, tourisme solide, demande intérieure qui résiste, immigration qui soutient la population active, et soutien des fonds européens.
Résultat, le déficit se normalise et la trajectoire budgétaire paraît plus lisible. La Commission européenne projette un déficit public espagnol à 2,5 pour cent du produit intérieur brut en 2025. Cela ne veut pas dire que tout est réglé, plusieurs analyses rappellent que la productivité reste un défi, et que la croissance doit se traduire davantage dans les salaires et le pouvoir d’achat, notamment quand le logement devient plus cher.
L’Italie, elle, n’impressionne pas par une croissance flamboyante, mais par un message de discipline budgétaire mieux entendu qu’il y a quelques années. Les investisseurs retiennent l’effort affiché pour ramener le déficit vers 3 pour cent à l’horizon 2025, après un niveau très élevé en 2023. Et comme souvent, la finance adore les trajectoires. Même quand le point de départ est lourd, le marché récompense l’idée d’un cap, d’une exécution, et d’une stabilité politique suffisante pour tenir les engagements.
L’Allemagne n’est plus seulement le mètre étalon immobile
Autre élément qui change la lecture, l’Allemagne elle-même a fait évoluer son logiciel budgétaire en 2025, avec un grand paquet fiscal incluant un fonds d’investissement d’infrastructures d’environ 500 milliards d’euros et des ajustements autour du frein à l’endettement. Quand Berlin annonce davantage d’investissements et donc davantage d’émissions de dette, cela peut pousser les rendements allemands vers un niveau plus élevé. Et mécaniquement, si le « taux de base » monte, l’écart avec les pays du Sud peut se réduire plus vite, même sans miracle.
La France, nouveau point de tension
Dans ce décor, la France apparaît comme le maillon le plus scruté. Non pas parce que le pays serait incapable de se financer, mais parce que l’équation déficit dette et instabilité politique inquiète davantage. Fitch a abaissé la note souveraine de la France à A plus en septembre 2025. Moody’s a maintenu sa note, mais a placé la perspective en négatif, signe qu’une dégradation future n’est plus un scénario théorique.
Sur les marchés, cela se traduit par une pression accrue sur les taux français, et par un symbole fort déjà observé ces derniers mois, l’idée que la dette italienne puisse, par moments, être perçue comme aussi crédible que la dette française. Ce n’est pas un renversement « définitif », mais c’est un signal, l’ordre habituel n’est plus aussi évident.
Ce que cela change pour Alicante et la Costa Blanca
À Alicante, on pourrait croire que tout cela reste une affaire de graphiques. En réalité, quand la confiance sur la dette espagnole s’améliore, cela crée un climat financier plus favorable pour l’ensemble du pays. À terme, cela peut aider à stabiliser certaines conditions de financement, soutenir l’investissement, et renforcer l’attractivité d’un territoire déjà très courtisé par les Européens.
Mais il faut garder une nuance importante, la bonne image macroéconomique ne gomme pas d’un coup les tensions du quotidien. La Banque d’Espagne souligne elle-même le décalage entre les performances du pays et le ressenti de nombreux ménages, notamment à cause des coûts du logement et de l’alimentation. Pour les lecteurs de TopInfoAlicante, la conclusion est simple, l’Espagne gagne en crédibilité financière, et c’est une bonne nouvelle pour le climat économique général, mais la bataille du pouvoir d’achat se joue encore, rue par rue, bail par bail.



