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L’espoir d’une médaille d’or pour l’équipe Master d’Alicante (RCRA) au Championnat Européen d’Aviron 2023.

l’équipe Master d’Alicante

Tout sur l’équipe Master d’Alicante

  • Reportage et rédaction : Jack Scala
  • Photos : D.R

En ce matin ensoleillé de juin, ils sont là, comme tous les matins de la semaine à 7h00 précise pour le premier entrainement de la journée. Nos quatre rameurs ont commencé à s’entraîner 1 fois par jour il y a deux mois et a l’approche de la régate ils en sont à deux par jour, ce qui ne laisse pas vraiment beaucoup de place pour une vie sociale extérieure.

 

Nous avons commencé à parler à Manuel Salas (51 ans), le plus jeune du groupe dans ce monde de l’aviron, qui a commencé il y a peine quelques mois. Mais laissons-le, nous raconter comment il en est arrivé là aujourd’hui.

 

‘’ Mon histoire est un peu folle. Pour commencer, J’ai trois enfants qui pratiquent l’aviron depuis dix ans, et lorsque nous avons été confinés à cause du COVID il y a trois ans, ils ont ramené un ergomètre à la maison.

Je suis un homme qui a toujours été passionnée par le sport et en particulier par les défis de longue haleine. J’ai donc commencé à faire des sessions d’ergomètre, dans l’appartement, de plus en plus longues 10, 21km 42km et je puis je suis devenu accro à ça.
Quand j’étais sur l’ergo en train de ramer comme un malade, je pouvais voir l’ile de Tabarca (la petite île à 21 km d’Alicante) depuis ma terrasse. J’ai pensé qu’un jour je devrais aller ramer en skiff (bateau pour une personne) tout seul, sans aucune assistance.
Tout le monde me disait que c’était fou, qu’on ne pouvait pas faire quelque chose comme ça et encore moins seul, mais c’était mon rêve. Combattre contre soi-même, c’est certainement le combat le plus dur que l’on puisse trouver dans la vie.


Quand nous sommes sortis de l’enfermement, j’ai commencé à faire de l’aviron de mer et un an plus tard, j’ai réalisé mon rêve à la stupéfaction de tous.

J’ai continué à ramer, mais sans avoir un autre challenge en tête jusqu’à je rencontre, mon partenaire de bateau, il y a quelque mois. Encore plus fou que moi, il m’a fait basculer dans la compétition de haut niveau et grâce à lui je pars ramer aux Jeux européens Master dans quelques semaines’’.

 

Suite à notre rencontre nous n’avons qu’une hâte, celle de parler au partenaire un peu fou, de Manuel, Yvan Honorat/Lay

 

’ Mes début sont beaucoup moins glorieux que ceux de Manuel, la première fois que j’ai mis les pieds dans un bateau d’aviron j’avais 8 ans. Il n’y avait rien de prévu, je voulais juste m’échapper de la cour de l’école car je ne voulais pas passer une heure à jouer avec un ballon avec les autres. Je suis arrivé comme par hasard devant le club d’aviron ou je vivais (Canada) et voilà comment ça a commencé. Le lendemain je montais en bateau pour apprendre à être un barreur et apprendre les bases de l’aviron. Je n’ai jamais quitté ce sport, cadet, senior a Masters aujourd’hui, ce sport m’a tout apporté. Mes plus belles joie (J.O 1996 Team Canada en 4-), comme les plus tristes (disqualification de mon partenaire de double (2x) aux championnats du monde). Chaque régate auxquelles j’ai eu la chance d’être sélectionné, championnat du monde, Pan Am Games, Asian Games, Jeux de la francophonie et j’en pense, à chacune d’elles j’ai regardé les rameurs et les entraîneurs qui réussissent comme Karol Sauvé (mon maître depuis toujours) et j’ai essayé de prendre et d’apprendre un petit peu de tout le monde et d’y ajouter ma propre saveur.                          

C’est comme cela que j’ai décidé que je devais à mon tour apporter mon expérience a la relève, j’ai donc passer mes niveaux 4 d’entraineurs. Depuis j’ai eu la joie et le bonheur d’être le premier entraineur national pour la Palestine, à l’époque pas un seul entraineur ne voulait prendre cette position (trop politique) même pas la FISA (Fédération internationale des sociétés d’aviron) ne voulait s’impliquer. J’ai préparé pendant deux ans un athlète pour que finalement il soit exclu des jeux Olympique à la demande d’un pays qui refusait de participer s’il se présenté à la compétition. J’entraine toujours des athlètes de haut niveau dans des camps d’entrainements (Vietnam, Canada, Sénégal, Grèce,  …) et puis le cours de la vie m’a fait atterrir ici à Alicante. J’ai eu la chance d’être accueilli d’une façon incroyable au club d’aviron (RCRA) par Lionel Rimenez (Directeur Technique) et de trouver un partenaire de bateau pour continuer à m’entrainer de façon intensive pour pouvoir continuer à ramer au plus haut niveau.’’

 

Nous reprenons notre souffle et nous partons à la rencontre d’un autre rameur d’exception, José Spilhlmann (76 ans) qui lui aussi a l’air de ne rien lâcher.

 

J’ai commencé à ramer à l’âge de 10 ans, soutenu par mon père qui était également rameur à Lima (Pérou), depuis lors, je n’ai jamais cessé de ramer jusqu’à aujourd’hui (j’ai également pratiqué d’autres sports tels que le cyclisme et le triathlon).
J’ai 220 championnats nationaux dans toutes les catégories et modalités, 25 championnats internationaux, 2 masters mondiaux et je me suis qualifié en skif pour les Jeux olympiques de 72, mais en raison du manque de budget de la fédération Péruvienne d’Aviron, je n’ai pas pu y aller.
L’aviron est un sport complet et un formateur de valeurs, les amis de l’aviron sont pour la vie, j’ai donc inculqué à mes enfants cet amour et cet engagement pour le sport dès l’âge de 7 ans, maintenant ils sont des professionnels remarquables.
Aujourd’hui, je vis en Espagne depuis deux ans et je rame pour le Real Club de Regatas de Alicante et j’ai hâte de partir faire la compétition Européenne d’aviron avec mes 3 amis.

 

Notre histoire ne serait pas complète si nous n’allions pas discuter avec Juan José Albert le quatrième de l’équipe et partenaire de bateau de José Spihlmann.

 

‘’ Moi, J’ai commencé à faire du sport à l’âge de 9 ans et mes parents m’ont inscrit au Real Club de Regatas de Alicante en 1961 (ça ne me rajeunis pas).
J’ai participé à des compétitions dans différents sports, principalement des sports nautiques, tels que l’aviron, la voile et la natation.
À l’âge de 15 ans, comme je suis allé étudier en dehors d’Alicante, j’ai dû arrêter l’aviron et, bien que j’aie continué à faire du sport, je n’ai repris l’aviron et la voile qu’en 1995, lorsque mes anciens coéquipiers, en particulier ceux de l’aviron, m’ont recontacté.
C’est alors que j’ai commencé à participer à des championnats d’aviron en banc fixe et mobile.
Au cours des 28 dernières années, j’ai collaboré avec la Fédération valencienne d’aviron et j’ai participé à des championnats nationaux et à un championnat du monde d’aviron.
Au cours de ces mêmes années, j’ai participé à des compétitions d’aviron et de voile et j’ai toujours été fier de représenter le RCRA, où j’ai commencé à pratiquer ce sport et auquel j’appartiens depuis 62 ans.
Si l’on me demandait quel sport je recommanderais, en dehors des aspects purement physiques et de santé, je choisirais l’aviron parce qu’il est basé sur de grandes valeurs et qu’il favorise une véritable amitié. La preuve nous allons tous les quatre au Championnat Européen Masters d’aviron, alors que nous ne nous connaissons que depuis quelques mois, que nous avons des niveaux et des expériences différentes et malgré cela l’aviron nous a rassemblé et grâce à ce sport nous allons partager un moment incroyable ensemble en juillet prochain ‘’
.

 

 

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